Le 1er août 2018, nous avons fait notre sac à dos et avons embarqué pour ce qui allait devenir l’une des plus belles aventures de notre vie : le tour de l’Asie du Sud-Est. Au total, nous avons parcouru pendant cinq mois l’Asie, mais lors de notre départ, nous ne connaissions pas encore la date de notre retour. La seule chose que nous savions c’est que notre voyage devait durer approximativement 6 mois, en fonction de notre budget et nos envies.

Un voyage de ce type procure un sentiment de liberté immense mais ça demande tout de même une certaine organisation au préalable. C’est pourquoi nous avons voulu partager avec vous notre expérience et nos conseils. Voici le premier d’une série d’articles sur comment préparer un voyage d’environ 6 mois à l’étranger, et plus particulièrement en Asie.

Touriste en Asie

©Wanaporn Yangsiri/ Unsplash

 

 PLANIFIER SON VOYAGE

 Calculer son budget

La première chose à faire lorsqu’on souhaite effectuer un voyage de longue durée, c’est estimer le budget dont on aura besoin. Nous avons donc commencé par faire des recherches sur le web, en particulier sur les blogs de voyage et les forums, pour avoir une idée du coût d’un voyage de ce genre. On a ainsi découvert qu’en général, les ¾ des voyageurs dépenses en moyenne entre 8’000 et 20’000 euros pour un tour du monde, et que l’Asie coûte en moyenne entre 700 et 1000 euros par mois.

Ces chiffres ont constitué un bon point de départ pour nous donner une idée de combien pourrait nous coûter un tel projet. Bien évidemment, il y a certains facteurs qui vont largement influencer le budget une fois sur place :

  • La durée du voyage
  • L’itinéraire (le coût de la vie dans certains pays est plus élevé que dans d’autres)
  • La façon de voyager (auberge de jeunesse vs. hôtel de luxe ; 1h d’avion vs. 20h de bus ; marché local vs. restaurant touristique, etc.)

Pour nous aider à estimer de façon plus précise les dépenses sur place, nous avons eu recours au planificateur d’A-contresens qui indique le budget moyen journalier des voyageurs dans un pays. Ce budget comprend le logement, le transport interne, la nourriture, les frais de visas, et les activités touristiques. Mais nous avons également fait un tour sur les plateformes de réservations (logement, transport, etc) pour avoir une idée des prix pratiqués. Il faut bien entendu calculer assez large et prévoir un montant supérieur pour les extras comme le shopping, la lessive, ou encore en cas de soucis.

Mais estimer le budget sur place n’est pas suffisant. Il faut aussi prendre en compte les dépenses que l’on va devoir effectuer avant le voyage (vaccins, billets d’avion, achat d’équipement, etc.) ainsi que les factures qu’il faudra continuer à payer pendant notre absence (assurances, impôts, frais bancaires etc.). Last but not least, il ne faut pas non plus oublier de prévoir une certaine somme pour le retour pour ne pas se retrouver sans le sou !

Après avoir fait tous ses calculs et estimé un budget arrive le moment de vérité. A-t-on assez de sous ou faut-il encore économiser ? Et combien de temps ? On publiera prochainement nos astuces qui nous ont permis d’économiser pour voyager.

Choisir son itinéraire 

 On peut bien entendu définir son itinéraire avant de calculer son budget. Dans notre cas, nous savions déjà que nous voulions nous rendre en Asie du Sud-Est et avions une idée des pays que nous souhaitions visiter avant même de faire nos calcul. Ce qui fait que nous n’avons pas perdu du temps lors de nos recherches. Mais on aurait tout aussi bien pu définir un itinéraire selon la somme que nous avions.

Et puis, l’itinéraire va aussi dépendre du temps que l’on a à disposition. Sur un voyage de deux mois, on ne peut bien évidemment pas visiter autant que sur un voyage de 6 mois par exemple. Ça implique de faire des choix et de renoncer parfois à certaines destinations.

Pour notre part, notre budget nous permettait de voyager au max. 6-7 mois sans problème. Au-delà, ça aurait été plus compliqué (finalement nous sommes partis un peu moins de 6 mois et sans avoir épuisé tout notre budget). Nous avons également pris en compte d’autres critères : le climat (pour ne pas arriver en pleine mousson par exemple), la situation politique (mieux vaut éviter les conflits internes),  les conditions d’entrée dans le pays (est-ce difficile d’obtenir un visa ?) ou encore les infrastructures (est-il facile de se déplacer dans le pays ?).

Pour finir, nous avons décidé d’intégrer les pays suivants à notre voyage de 6 mois en Asie du Sud-Est :

Nous avons dû, à contre-coeur, renoncer aux Philippines car 6 pays ça fait déjà beaucoup si on veut avoir un rythme de travail plus lent que d’habitude. En revanche, nous n’avions pas de vision définitive sur le nombre de jours que l’on consacrerait à chaque pays et n’avons effectué aucune réservation à l’avance. L’idée c’était d’être le plus libre et le plus flexible possible.

Voyager 6 mois en Asie du sud est

©Erik Odiin/Unsplash

LES PREPARATIFS AVANT LE DEPART

 Après avoir (presque) rassemblé la somme nécessaire pour le voyage et avoir plus ou moins choisi nos destinations, il a fallu qu’on fixe une date de départ (à quelques jours près) afin de concrétiser ce projet. Une fois que la décision est réellement prise, il va falloir se lancer dans d’autres démarches beaucoup moins drôles mais qui sont néanmoins nécessaires.

Et mon job, j’en fais quoi ?

 Une des principales interrogations lorsqu’on décide d’entreprendre un voyage de plusieurs mois concerne le travail. Il y a deux options : soit on demande un congé sans solde, soit on démissionne. A notre avis, il vaut mieux, si vous pouvez, s’arranger avec son patron pour obtenir un congé. Vous n’aurez ainsi pas à vous préoccuper de votre retour car vous serez assuré de retrouver un salaire pour payer vos factures. Dans notre cas, on a fait exactement le contraire de ce qu’on vous conseille (fais ce que je dis mais pas ce que je fais). Nous avons chacun démissionné de nos emplois respectifs. Ceci nous permettait de n’avoir aucune contrainte au niveau du temps. Toutefois, nous n’avions pas la possibilité de prendre des congés non payés donc nous étions un peu obligés si on voulait réellement partir. Enfin, nous étions à un moment de notre vie où on voulait changer de travail. Ça tombait donc plutôt bien.

Que faire de son logement ?

Vu qu’on ne devait pas partir plus de 6 mois, il était hors de question pour nous de quitter notre appartement (que nous adorons plus que tout) et risquer de galérer à notre retour pour en retrouver un. D’autant plus que nous quittions notre emploi, donc ça aurait été mission impossible pendant plusieurs mois.

Par contre, on ne pouvait absolument pas se permettre de continuer à payer le loyer en voyageant et en ayant aucune rentrée d’argent. On a donc décidé de sous-louer notre appartement pendant la durée du voyage. En tant que locataire, nous avons donc demandé l’autorisation au propriétaire et avons publié une annonce en ligne pour trouver nos sous-locataires. Au prix du loyer, nous avons également ajouté les frais d’électricité, de chauffage et d’internet, ainsi qu’un supplément de 10% puisqu’on le laissait entièrement meublé.

Avant l’arrivée des sous-locataires, nous avons simplement vidé l’appartement de toutes nos affaires personnelles. Une partie a été rangée à la cave et une autre partie chez nos parents (les papiers importants et objets de valeur par exemple). Ceci nous a d’ailleurs permis de faire un grand tri, et même de nous décider à vendre certaines choses dont nous n’avions plus l’utilité. Et en plus, ça faisait un peu plus d’argent pour la cagnotte du voyage.

Au final, nous n’avons laissé que le strict minimum pour permettre aux sous-locataires de s’installer directement et faire leur vie (ustensiles de cuisine, draps, produits ménagers…).

Fourre de passeport sur le thème du voyage

©Wanderlabs/Unsplash

Quels vaccins ? Quelle assurance ?

Environ deux mois avant notre départ, nous sommes allés au centre de vaccination de notre ville afin de connaître les vaccins à effectuer et obtenir des conseils de prévention. Après examen de notre cas et vérification que tous nos autres vaccins étaient à jour, ils nous ont fait faire les vaccins suivants :

  • La rage (avec un rappel un mois plus tard). : Prix : 78 CHF
  • L’encéphalite japonaise (rappel un mois plus tard). Prix : 126 CHF
  • Traitement pour la fièvre typhoïde pendant une semaine : Prix : 28 CHF

Pour ceux qui partent comme nous en Asie, il leur sera peut-être demandé de faire aussi celui de l’hépatite A et/ou B. En ce qui nous concerne, nous n’en avons pas eu besoin car nous l’avions déjà fait par le passé. En plus, des vaccins, le médecin nous a prescrit des comprimés contre la malaria,  ainsi que d’autres médicaments dont nous pourrions avoir besoin au cas où nous tomberions malades.

Suite aux vaccins, nous nous sommes également renseignés sur les assurances de voyage valables à l’étranger. Nous avons rapidement fait un comparatif sur le marché pour voir lesquelles offraient les prestations les plus complètes.Vous pouvez également vous renseignez sur les assurances voyage que proposent votre assurance de base.

Pour ma part, j’avais déjà en complément une assurance voyage par exemple. Mais elle n’était pas assez complète pour un séjour d’une si longue durée. Nous avons donc fait un comparatif des assurances qu’il y avait sur le marché afin de connaître les prestations offertes. Nous avons particulièrement fait attention aux points suivants : la prise en charge des frais médicaux et hospitalisation, assistance et rapatriement, le retour anticipé, la responsabilité civile, l’assurance des bagages en cas de vol, et enfin,  l’annulation des vols.

En Suisse, le TCS propose le livret ETI dont l’offre Protection Plus est très bien à notre avis. Mais selon nous, la plus complète est l’assurance Chapka. Elle inclut également les frais dentaires d’urgence et la couverture de nombreux sports dont la plongée sous-marine. Enfin, n’oubliez pas de vérifier ce que comprend l’assurance de votre carte de crédit si vous en avez une 😉

Besoin d’un visa ?

Avant toute chose, n’oubliez pas de vérifier que votre passeport est toujours valide et ce, pour toute la durée de votre voyage, et même au-delà de six mois après votre retour (c’est une condition pour certains pays). Si ce n’est pas le cas, il vaut mieux effectuer ces formalités plusieurs mois avant le départ afin d’être sûr d’avoir son passeport à temps. Car sans lui, pas de voyage !

En ce qui concerne les visas, c’est en définissant notre itinéraire que nous nous sommes renseignés sur les formalités douanières de chaque pays. Dans notre cas, nous avons toujours pu faire nos visas au fur et à mesure, le plus souvent à l’arrivée. Mais il faut vraiment prêter attention aux conditions d’entrée. Par exemple, le e-visa n’est quasiment jamais accepté aux frontières terrestres. Ce serait donc bête de devoir refaire un visa à l’arrivée alors qu’on a déjà payé le e-visa. Si vous faites un visa à l’arrivée ou un e-visa, faites donc attention aux différences entre frontières terrestres/aériennes ainsi que le nombre de jours autorisés à rester dans le territoire.

Une des conditions qui apparaît assez régulièrement est d’avoir en sa possession un billet retour ou de continuation. C’est-à-dire un billet qui prouve qu’on va quitter le pays avant l’échéance du visa. C’était quelque chose qui nous inquiétait un peu car nous n’avions quasiment jamais ce fameux billet. En réalité, ce sont souvent les compagnies aériennes qui demandent une preuve. A la douane, on ne nous a jamais rien demandé. La seule fois où on nous a demandé si on possédait un billet de retour, c’était à un guichet d’enregistrement à l’aéroport. Et par chance, c’était l’unique fois où nous en possédions un : c’était vers la fin de notre voyage et nous avions déjà acheté notre billet de retour pour la Suisse ! Mais les fois précédentes nous venions toujours assez tôt à l’aéroport au cas où il faudrait réserver en urgence un billet d’avion ou de bus.

Préparer un voyage de 6 mois

©Priscilla du Preez/Unsplash

Attention aux frais bancaires !

On ne pense pas souvent aux frais bancaires et pourtant c’est un élément à prendre en compte pour ne pas que ça vienne plomber ses estimations budgétaires. Avant notre départ, nous avons donc vérifié les frais induits par notre banque ainsi que les prestations : retrait d’argent à l’étranger, paiements, cartes proposées, système d’e-banking. Nous avons ensuite comparé avec les autres banques pour voir si on trouvait une meilleure alternative. En Suisse par exemple, le compte Plus auprès de Postfinance permet de retirer de l’argent gratuitement à l’étranger.

En matière de cartes de crédit, il y a de nouvelles banques en ligne qui ont fait leur apparition, comme Révolut ou N26. Leurs cartes ont l’avantage de supprimer certains frais et d’en réduire d’autres lorsqu’on est à l’étranger. Avec la N26 basique par exemple, on a le droit à cinq retraits gratuits par mois à l’étranger, alors qu’une carte classique prélève 5 CHF ou 2-3 euros à chaque retrait. N’hésitez donc pas à vous renseigner sur ces alternatives.

Nous avons également bien pris soin d’informer notre banque de notre départ et nous nous sommes assurés que les retraits et paiements n’étaient pas bloqués dans les pays de notre itinéraire. Nous avons également choisi de signer une procuration pour une personne de confiance. On ne sait jamais ce qui peut arriver.

 

Autres démarches administratives ?

 Parmi les préparatifs, on inclut également les impôts malheureusement. Dans notre cas, nous n’avons pas eu à nous en préoccuper davantage car tout était déjà payé et nous allions revenir avant la période de remise de déclaration.

Mais en plus des impôts, il peut y avoir d’autres démarches administratives : les demandes de résiliations ou suspensions d’abonnement. Je pense entre autres au téléphone, magazines, ou encore à des assurances. Pour notre part, nous avons résilié Spotify et Netflix, et je suis passée à une carte Prepay pour mon téléphone portable. Comme on dit, il n’y a pas de petites économies !

Un mois avant de partir, nous avons également fait une demande de permis de conduire international, au cas où on aimerait louer un véhicule pendant le voyage. En Suisse, la procédure est assez rapide. Mais il vaut mieux ne pas attendre le dernier moment au risque de ne pas le recevoir avant son départ !

Préparer un voyage au long cours

©Hanna Viellehner/Unsplash

Qu’est-ce qu’on prend avec soi ?

C’est au moment de l’achat de notre équipement que nous avons vraiment réalisé que l’on allait partir. Nous avons consulté de nombreuses vidéos sur YouTube et lu énormément d’articles sur le web afin de créer notre propre liste d’équipements. On publiera un article sur ce qu’on a emporté et nos conseils. Mais pour vous donner déjà une idée, voici dans les grandes lignes ce qu’on a pris avec nous :

  • Un sac à dos de 60L
  • Un sac à dos de jour
  • Des habits légers majoritairement (il fait chaud en Asie)
  • Une trousse de toilette (sans oublier la crème solaire)
  • Une trousse à pharmacie (médicaments, pansements, antiseptiques, anti-moustiques)
  • Des chaussures (3 paires)
  • Affaires électroniques : appareil photo, go pro, portables…
  • Diverses choses utiles : Lampe de poche, cadenas et adaptateur…

Ce qu’on laisse pour la dernière minute

Quelques jours avant de partir, il reste encore quelques petites choses à régler afin de partir l’esprit tranquille.

  • Activer la redirection du courrier (dans notre cas, chez nos parents)
  • Faire des photocopies des pièces d’identité ainsi que des contrats d’assurance voyage (et donner une copie à une personne de confiance, nos parents dans notre cas)
  • Noter les adresses et numéros de téléphones de nos proches, des ambassades et services consulaires, de la banque, de l’assurance voyage, etc,
  • Donner l’adresse du premier hôtel où l’on va séjourner ainsi que les numéros de vols à une personne de confiance.

On espère que cet article vous aura permis d’avoir une idée de tout ce qu’il faut faire avant d’entreprendre un voyage au long cours. N’hésitez pas à partager en commentaire vos conseils ou à poser vos questions, on est toujours heureux de vous lire 🙂

Bonus: Voici quelques blogs qui nous ont fournis de précieuses informations au moment de la préparation de notre voyage :

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Partir 6 mois en Asie du Sud-Est